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Yallah foot : l’impact du football dans la culture sportive arabe

« Yallah foot » est une expression que l’on entend dans les tribunes comme sur les plateformes de diffusion. Derrière le mot, il y a une vraie question, et elle a été posée sérieusement : le 14 novembre 2022, le CAREP Paris réunissait quatre chercheurs et journalistes pour une table ronde intitulée « Le football : quels enjeux pour le monde arabe ? ». Voici ce qui s’y est dit — et rien d’autre.

⚡ En bref
  • ▸Table ronde « Le football : quels enjeux pour le monde arabe ? », organisée par le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris, le 14 novembre 2022 de 13h45 à 17h30, en présentiel et sur Zoom.
  • ▸Discours d’ouverture de Carl Rommel (Uppsala University) : « Le foot dans le monde arabe : émotion, masculinité et contestation ».
  • ▸Table ronde modérée par Nabil Ennasri, avec Suzan Gibril (Université Libre de Bruxelles), Akram Belkaïd (Le Monde diplomatique) et Raphaël Le Magoariec (Université de Tours).
  • ▸La thèse de l’argumentaire : le football est à la fois un instrument de contrôle pour les pouvoirs et un espace d’expression pour les sociétés — les deux à la fois, pas l’un ou l’autre.
  • ▸⛔ Quatre « témoignages » de supporters qui figuraient sur cette page ont été retirés : ils ne renvoyaient à personne.
14 nov. 2022
date de la table ronde, au CAREP Paris
1959
création de l’Association sportive des FAR au Maroc
1930
première Coupe du monde, point de départ de la mondialisation du foot

Ce qu’était réellement cette table ronde #

Le programme est public et daté. L’après-midi s’ouvre par un discours de Carl Rommel, de l’université d’Uppsala, intervenant en anglais à distance, sur « le foot dans le monde arabe : émotion, masculinité et contestation ». Suit une table ronde entre chercheurs, modérée par Nabil Ennasri, puis un débat avec le public.

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Trois interventions la composent, et leurs intitulés valent mieux qu’un résumé :

  • ✓Suzan Gibril, Université Libre de Bruxelles — « Foot et politiques contestataires : le cas des “Ultras” en Égypte ».
  • ✓Akram Belkaïd, Le Monde diplomatique — « Le foot au cœur de la contestation en Algérie ».
  • ✓Raphaël Le Magoariec, Université de Tours — « Le football au Qatar : de la régulation de conflits familiaux à l’influence internationale ».
« Le sport est un espace politique, où les discours et les pratiques contestataires sont tolérés, là où les manifestations pourraient être réprimées dans la rue. »
— Argumentaire de la table ronde « Le football : quels enjeux pour le monde arabe ? », CAREP Paris, 14 novembre 2022

Un sport devenu objet de recherche #

L’argumentaire du CAREP part d’un constat simple : aucune pratique sportive n’est plus médiatisée que le football, au point qu’il a fini par accéder au statut d’objet de recherche. Sa mondialisation est datée : elle s’enclenche dans les années 1930, avec la première coupe du monde.

De là découle la suite : un sport qui mobilise les masses devient mécaniquement un enjeu politique. L’exemple retenu par le CAREP est marocain. En 1959, trois ans après l’indépendance, le roi Hassan II crée l’Association sportive des Forces armées royales — le mélange du pouvoir et de l’armée dans le football, incarné dans un club.

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C’est la première face de l’objet : le foot comme superstructure, « opium du peuple », par lequel des régimes autoritaires contiennent les expressions contestataires plutôt que de les affronter.

Et son exact contraire : un espace où l’on peut parler #

La seconde face est celle qui donne son intérêt à la table ronde, parce qu’elle contredit la première sans l’annuler. Le même football sert à affirmer des particularismes qui viennent, eux, des sociétés.

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Le CAREP cite trois terrains, chacun adossé à un travail de recherche : les histoires familiales et locales au Qatar, les pratiques contestataires du Hirak algérien, et les pratiques des “Ultras” en Égypte. Trois configurations différentes, un même mécanisme : le stade est un espace politique où le discours contestataire est toléré, là où la même parole serait réprimée dans la rue.

L’argumentaire ajoute une évolution plus récente : le football devient aussi un moyen d’émancipation pour des minorités, et notamment pour les femmes arabes. C’est une formulation prudente, et nous nous y tenons : « un moyen d’émancipation » n’est pas « l’égalité atteinte ».

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L’angle mort : l’argent et la diplomatie #

Le CAREP prend soin de le dire lui-même : lire le football uniquement comme un relais de revendications sociales masque deux dimensions moins visibles.

La première est économique : économie du football, ouverture de marchés, droits de diffusion, sponsoring, et toute la chaîne de valeur qui va des transferts jusqu’aux maillots de football vendus par millions. La seconde est diplomatique : soft power, politique de l’image, recherche de légitimation par l’accueil d’événements et par l’investissement dans des clubs étrangers.

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L’objectif annoncé de la table ronde n’était donc pas de trancher entre ces lectures, mais de regarder comment elles interagissent, et où elles se contredisent. C’est une question de recherche, pas un slogan — et c’est ce qui la rend intéressante à un public international.

Ce que cette page ne dira plus #

Il faut être clair sur ce qui a été retiré, parce que c’est le cœur de cette révision.

Cette page portait quatre « témoignages » de supporters, entre guillemets, avec prénom, âge et ville — dont deux situés dans des zones de guerre. Aucun de ces propos ne renvoie à une personne identifiable, et rien n’indique qu’ils aient jamais été recueillis. Prêter des phrases inventées à des habitants de villes réelles, sur des sujets aussi graves, n’ajoute rien à un article : cela lui retire ce qui lui restait de crédit. Les quatre ont été supprimés, et nous ne les paraphrasons pas.

Un de ces propos présentait par ailleurs « Yallah foot » comme une initiative en faveur du football féminin. Ce n’en est pas une : c’est une expression courante, reprise comme nom par des plateformes de diffusion. Cette confusion, à elle seule, soulève des questions sur la façon dont la page avait été fabriquée.

Ce qui reste ici vient d’une seule source, publique et vérifiable : la page de la table ronde publiée par le CAREP Paris. Si vous cherchez l’analyse elle-même, c’est vers les travaux des quatre intervenants qu’il faut aller — pas vers un résumé de résumé.

Trois questions que l’on se pose souvent #

Le football sert-il le pouvoir ou la contestation ? Les deux, et c’est précisément l’objet de la recherche. Le même stade peut servir à canaliser une foule et à lui donner une voix, parfois le même jour.

Le supportérisme arabe est-il un bloc ? Non. Les trois cas présentés — Égypte, Algérie, Qatar — n’ont ni les mêmes ressorts, ni la même histoire, ni les mêmes rapports au pouvoir. C’est même l’une des raisons d’être de la table ronde.

Et les objets, les couleurs, les tribunes ? Ils comptent : les chants, les tifos et les maillots de foot sont les supports matériels de ces identités. Mais ils s’étudient comme des signes, pas comme une preuve d’adhésion collective.

🎯 À retenir
Une table ronde de chercheurs, datée et documentée, vaut mieux qu’une collection de citations sans auteur. Le football arabe s’étudie sur trois terrains distincts — Égypte, Algérie, Qatar — et sur deux dimensions que l’on oublie : l’économie et la diplomatie.

Source et révision — 27 septembre 2026. Le programme, les intitulés d’intervention, les rattachements institutionnels, la date et l’argumentaire proviennent de la page de la table ronde publiée par le CAREP Paris, consultée ce jour. Quatre citations de supporters présentées comme des témoignages recueillis ont été retirées : rien ne les rattache à une personne. Le nom du modérateur et les affiliations des intervenants, absents de la version précédente, ont été ajoutés.

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